20.06.2005 - histoire Le romarin Le romarin n'a que des qualités. Usez et abusez de cette plante qui pousse toute seule.
J’ai descendu dans mon jardin,
J’ai descendu dans mon jardin,
Pour y cueillir du romarin.
Gentil coquelicot, mesdames,
Gentil coquelicot nouveau.
J’en avais pas cueilli trois brins
J’en avais pas cueilli trois brins
Qu’un rossignol vint sur ma main…
Si la suite de la chanson ne fait pas l’éloge des hommes, le romarin cependant est une plante traditionnellement bienveillante envers les amoureux. Les Romains la dédiaient à Vénus. C’est pourquoi, plus tard, à partir du Moyen Age, les bouquets de mariées mêlaient roses et brins de romarin. Ce romarin dont les jeunes garçons amoureux déposaient des bouquets aux portes des jouvencelles pour lesquelles ils se consumaient d’amour.
Par extension, comme il favorisait le passage d’un état à un autre, il devint un symbole de fertilité et de vie après la mort et du bouquet de marié, il passa entre les mains des morts, entre les grains du chapelet. C’était la plante des dieux lares à Rome et c’est, encore maintenant pour les chrétiens, celle des Rameaux que l’on accroche au crucifix après qu’elle soit bénie.
Toutes ces qualités firent qu’en Gironde autrefois, pour conjurer le mauvais sort, on conseillait de porter sur soi dans un sachet, trois feuilles de romarin, de sauge et de laurier. Si ça n’éloignait pas les esprits malins, ça parfumait toujours un peu.

Rosmarinus officinalis, tel est son nom savant donné par les botanistes. Le premier a l’avoir baptisé fut Pline, associant le mot ros : écume à celui de mare, la mer, c’est la plante qui pousse près des rivages marins. Bien qu’une légende tenace lui donne comme origine le nom de la Vierge Marie qui, lors de la fuite en Egypte, coucha l’enfant Jésus, enveloppé dans son manteau sur un bouquet de branches aux fleurs blanches. Après la sieste du divin enfant, lorsqu’elle le reprit dans ses bras, les fleurs était devenues bleues. C’est en tout cas un arbrisseau toujours vert et touffu qui croit dans les garrigues, sur les rochers et dans les bois clairs. Lorsqu’il trouve un terrain qui lui plait, il peut atteindre jusqu’à 1, 50 m de hauteur. Ses rameaux portent des feuilles linéaires, coriaces et persistantes, aux bords enroulés en dessous et des fleurs bleues, plus rarement blanches.
On lui a toujours prêté des vertus médicinales. : le romarin est stimulant, antispasmodique et accroît la sécrétion biliaire. En usage interne, une infusion de 10 gr par litre soulage les coqueluches, l’asthme et les vomissements nerveux, et en dosage plus puissant : 30 gr elle combat la grippe. Si vous faites infuser 30 à 50 gr de romarin dans un litre de bon vin rouge et que vous en buvez un verre aux repas, vous combattrez de la sorte les fatigues et tristesses. La marquise de Sévigné, qui appréciait fortement l’infusion de romarin, écrivait à sa fille : « je m’en enivre tous les jours, j’en ai dans ma poche toujours et je la trouve excellente contre la tristesse », c’est sans doute pour cette raison que les dieux grecs s’en faisaient des couronnes.
Je vous livre la recette de J. Roques, qui conseillait en 1837, le « vin de romarin composé », stimulant et tonique, « propre à combattre l’atonie générale, l’œdème, la paralysie, le rachitisme etc.» : une poignée de fleurs de romarin et de tanaisie, 45 gr de genévrier, 1 litre de vin blanc et 90 gr d’alcool. Faites macérer pendant 4 jours en vase bien clos et filtrer. Prenez par cuillerée, pur ou dilué dans une petite tasse d’infusion de camomille.
En usage externe, 25 gr de feuilles de romarin, mises à bouillir 5 minutes et à infuser 15 minutes dans un demi litre de vin rouge, donneront une décoction à utiliser en compresses chaudes sur les entorses, foulures et torticolis. Cette même décoction a des pouvoirs antiseptiques et cicatrisant, en gargarisme soigne les aphtes et les maux de gorge et concentré dans un bain fait du bien aux rhumatisants et aux affaiblis grâce à ses vertus stimulante et résolutive. Les auteurs anciens assuraient que l’eau dans laquelle des fleurs et feuilles de romarin ont infusé toute une nuit fortifie la vue et la mémoire, reprenaient ils les croyances de la Grèce Antique quand les étudiants portaient des couronnes de romarin en période d’examens ? Le romarin connut son heure de gloire au 16ème siècle avec la célèbre « Eau de la reine de Hongrie » ainsi nommée parce qu’Isabelle, reine de Hongrie préparait elle-même cet élixir qui lui avait rendu la jeunesse et la santé, en soulageant des douleurs rhumatismales, alors qu’elle avait fêté ses 70 ans. Cette fameuse eau n’est rien d’autre qu’une distillation de macération de fleurs de romarin dans l’alcool, il faut en prendre 3 cuillerées à dessert par jour dans un verre d’eau.
Comme j’imagine que vous n’avez pas l’intention de transformer votre cuisine en apothicairerie, voyons ses usages culinaires. Le romarin est un condiment dont l’usage apparaît dans les livres de cuisine à partir du 17ème siècle. Il s’utilise frais, si vous avez la chance d’en avoir dans votre jardin ou sur votre terrasse, ou sec. Pour conserver son parfum légèrement aigre-doux, il faut le mettre à sécher dès la cueillette. Originaire des bords de la Méditerranée, il est tout d’abord recommandé avec l’agneau et le porc rôtis, les gibiers et les poissons, parfume les mitonnades de tomates et donc la ratatouille provençale et le riz. Comme il a été acclimaté dans des régions plus septentrionales, il aromatisera subtilement les haricots blancs ou les pommes de terre. Le romarin, infusé dans le lait, fera de délicieux sorbets et de non moins bonnes crèmes. Souvent, on donne à brouter du romarin en grande quantité aux lapins avant de les tuer pour parfumer leurs chairs. C’est également une excellente plante mellifère avec laquelle on peut faire des miels très parfumés.
Le romarin aromatisera de son léger parfum votre cuisine tout en préservant votre santé, n’hésitez pas à en mettre des brins dans vos plats et dans vos tisanes où il se révèle un précieux allié pour votre santé.
Ségolène Lefevre
Boire et manger, quelle histoire !
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Vos commentaires
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20 06 2005 - 11:33 par aude
J'ai un romarin qui dépérit dans un pot malgré tous mes soins et les conseils de jardiniers expérimentés. Et je ne peux même pas compenser ma tristesse de le voir si faible par une infusion dans du vin... il risquerait d'y laisser ses dernières branches. snif... 04 01 2007 - 09:29 par Colombe Le Chasseur
Je viens de découvrir les vertus du romarin. J'adore son goût et son parfum. Je me fais très souvent une tisane au romarin agrémentée d'une c.à s. d'huile d'olive et 2 c.à s. de jus de citron. Enfin! J'ai découvert le secret de l'éternelle jeunesse. HUM! Cette plante est merveilleusement belle. 06 08 2007 - 17:31 par leila bennani
par experience ,je vous conseille fortement de prendre une tasse aprés chaque repas, il est diurietique,de plus il est excellent pour la santé. 10 08 2008 - 19:08 par guitton
Bonjour, Peut-on infuser le romarin fraichement ceuillis afin d'en consommer comme infusion.
Merci pour vos conseils. Hanh
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