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L'Ambroisie, Paris, dîner du 12 juillet 2005

Suite à une émission d'Arte consacrée en partie à Bernard Pacaud quelques amis parisiens décident d'aller se rendre compte par eux-mêmes si l'intérêt de la table est à l'unisson du personnage découvert à la télévision. Cela fait plusieurs mois que j'ai également envie de goûter la cuisine de l'Ambroisie, et je m'invite.

Dîner du mardi 12 juillet 2005.

Quelques remarques préliminaires :

Tout d'abord, je suis parti de Bordeaux sans même mettre une veste dans mes bagages, sans parler de cravate que je ne porte plus depuis 20 ans. Au moment d'entrer dans le restaurant, je me demande si mes amis ne vont pas être obligés de m'apporter les plats dans la voiture. En fait, aucun regard de réprobation, aucune réflexion. Premier bon point.

Ensuite, impossible de se garer Place des Vosges. Nous restons en double file et confions nos clés au personnel. Il n'y a pas à proprement parler de voiturier, mais une carte du restaurant est glissée sous l'essuie glace et les voitures restent où elles sont. Pratique.

Enfin, nous sommes cinq amis fumeurs de cigares (nous nous sommes connus grâce à cette passion), et le sixième convive n'est connu que de l'un d'entre nous. Non content d'être très sympatique, il nous divertira tout le repas avec une longue séance de "close up" (tours de magie effectués à 30 cm de nos yeux, auxquels nous ne comprendrons rien). Ce don a contribué à l'humeur plus que joyeuse de ce repas.

L'Ambroisie : David, Franckey, Didier, Mike, Stéphane

Nous sommes six joyeux drilles havanophiles à table et nous sommes installés à une table ronde au centre de la première salle qui contient 14 couverts dans la configuration de ce 12 juillet. Nous ne sommes pas allés plus loin, je ne saurais donc dire combien il y a de salles, et par conséquent de couverts.

L'accueil est chaleureux, le début du service un peu empesé, comme il convient dans un trois macarons Michelin. Nous déclinons l'offre d'un apéritif et demandons la carte des vins sur laquelle je remarque un Pouilly Vinzelles Domaine de la Souffrandise 2003. Le vin est gras à plaisir, finalement assez peu boisé et convient parfaitement à l'apéritif de cette chaude soirée (à l'extérieur, dans la salle, la température est parfaite).

Les vestes de mes amis rejoignent peu à peu le vestiaire, me décontractant tout à fait. Les cartes nous sont présentées et j'ai la lourde tâche de choisir les vins qui vont s'accorder avec notre repas.

L'Ambroisie : Saumon fumé, crème à l'aneth

En amuse-bouche, nous est présentée une tranchette de saumon fumé et sa crème à l'aneth. Le saumon est d'une qualité exceptionnelle et la crème d'anthologie. C'est un avant goût représentatif de ce qui nous attend : une cuisine classique, absolument parfaite à base de produits d'exception, dans laquelle Bernard Pacaud parvient à ajouter un supplément d'âme. C'est du très grand art.

L'accord avec le Pouilly est remarquable (sans le faire exprès de ma part, ne connaissant pas l'amuse-bouche). Il est même si excellent que nous commandons une deuxième bouteille pour faire durer le plaisir.

Je demande ensuite au directeur de salle d'avoir l'obligeance de carafer un Savennières "Coulée de Serrant" 1999 de Nicolas Joly. Ce vin est sec "comme un coup de trique" avec une puissance phénoménale et du gras malgré tout. Il ravira mes comparses qui ne connaissaient pas.

Nous sommes quatre à choisir en entrée la feuillantine de queues de langoustines aux graines de sésame, sauce curry.

L'Ambroisie : feuillantine de queues de langoustines aux graines de sésame, sauce curry.

Au risque d'entamer une rengaine sur la qualité des produits employés tout au long de ce repas, les langoustines sont exceptionnelles, la cuisson parfaite, et la sauce curry enthousiasmante.

Le Savennières oppose son absence de sucre au velouté de la sauce et le plat et le vin n'en finissent pas de se répondre dans une belle harmonie.

Les deux autres convives ont choisi le gaspacho andalou aux écrevisses, pain aux olives.

L'Ambroisie : gaspacho andalou aux écrevisses, pain aux olives.

Ils sont tout aussi enthousiastes que nous quant à la qualité globale du plat, et des écrevisses en particulier. Néanmoins, pour avoir goûté le gaspacho, je pense que l'accord avec le vin devait être un peu en retrait de celui qui nous concernait.

Le vin suivant est proposé à notre appréciation dès la table desservie. Il s'agit d'un Hermitage blanc 1999 de Jean-Louis Chave. Ce vin est un des plus grands vins blancs de France, avec énormément de gras au service d'une structure parfaitement droite. C'est magnifique d'équilibre entre la vivacité et l'alcool. Mike fait disparaitre un foulard rouge dans sa main et écrase un mégot sur une veste, et la première bouteille s'est évaporée dans nos gosiers à la vitesse des tours de magie, et avant même que le poisson nous soit servi. Une seconde bouteille s'avère indispensable.

Escalopines de bar à l'émincé d'artichaut, caviar osciètre gold.

L'Ambroisie : Escalopines de bar à l'émincé d'artichaut, caviar osciètre gold.

Nous avons tous choisi ce plat car à la prise de commande, on nous a expliqué qu'il s'agissait d'un petit pêcheur Breton qui téléphone chaque matin à Bernard Pacaud le résultat de sa nuit, et expédie immédiatement en caisse isotherme par camion frigo, pour livraison le lendemain matin. Entre temps, le poisson n'a jamais connu de contact avec la glace qui ramollit forcément les chairs. Ce plat restera dans les mémoires de tous les convives, tant il confine à la perfection. Le meilleur bar de la vie de chacun, une cuisson absolument parfaite, un artichaut pour l'amertume, et une crème au caviar proprement divine. Pour votre gouverne, le papillon noir n'est que la peau de trois escalopes savamment imbriquées. Vraiment un plat d'anthologie. Le vin est en symbiose parfaite, son gras enveloppant l'iode du caviar sans en dénaturer la saveur.

En attendant le plat de viande pour lequel le choix du vin ne fut pas simple, nous sommes au bord de l'exaspération en constatant que l'un d'entre nous tire toujours le 4 de trèfle, où qu'il choisisse la carte d'un jeu présenté par Mike. Heureusement le vin nous est servi. Il s'agit du Cornas "Les Ruchets" 1999 de Jean-Luc Colombo. Pour 5 d'entre nous, j'étais tenté de continuer au vin blanc, mais que boire après l'Hermitage, à part un grand Bourgogne forcément au dessus de notre budget. Avec le directeur de salle - qui fait office de sommelier - nous avons choisi un rouge profond, mais encore sur le fruit, avec des tannins bien fondus et une structure rectiligne.

Pour 3 d'entre nous, arrive le suprême de volaille de Bresse à la "Kiev", macaroni à la crême de brocoli.

L'Ambroisie : suprême de volaille de Bresse à la "Kiev", macaroni à la crême de brocoli.

Il s'agit d'un blanc de poulet de Bresse farci d'un beurre d'herbes, refermé et pané, servi avec de petits champignons. C'est délicieux, encore une fois avec un poulet exceptionnel, goûtu et cuit à merveille.

L'Ambroisie : macaroni à la crême de brocoli.

Le macaroni est en fait un montage de macaroni couvert d'une sauce au brocoli. Cette garniture fournit la suavité qui manque au plat. Bien trouvé. Le vin s'accorde bien mieux que je le craignais, c'est même un très bon accord sur la complémentarité d'un plat avec beaucoup de saveurs et un vin long et frais.

Deux d'entre nous ont choisi la noix de ris de veau braisée au jus de carottes, purée de persil.

L'Ambroisie : noix de ris de veau braisée au jus de carottes, purée de persil.

S'il devait y avoir un plat un peu moins fantastique que les autres, ce serait celui-ci. Le ris de veau et sa cuisson sont évidemment irréprochables, mais l'ensemble manque un peu de saveur, en regard des autres plats surtout.

L'Ambroisie : purée de persil.

 

La purée de persil rehausse un peu la sapidité, mais pas suffisamment pour supporter le vin qui domine largement le plat. L'accord ne se fait pas.

Le sixième a choisi un plat formidable : carré d'agneau de Lozère poêlé au beurre de marjolaine, charlotte d'aubergine.

L'Ambroisie : carré d'agneau de Lozère poêlé au beurre de marjolaine, charlotte d'aubergine.

Comme toujours à partir d'un produit et d'une cuisson parfaits, ce plat présente une puissance de goût remarquable, et l'accord avec le Cornas est quasi parfait sur la puissance. Avec ce plat, le vin se goûte d'ailleurs différemment qu'avec la volaille.

Avec le plateau de fromages, le directeur de salle souhaite nous surprendre avec un vin que nous ne connaissons pas. Nous acceptons avec enthousiasme et il nous propose Il Caberlot Podere il Carnasciale Toscana IGT 1993. Le Caberlot est un cépage suisse hybride de cabernet sauvignon et de merlot, au même titre que le Gamaret (gamay et reisensteiner). Or il s'agit là d'un vin toscan dont on nous assure qu'il s'agit de cabernet greffé sur du merlot. Je suis dubitatif, car je n'ai pas connaissance qu'un surgreffage modifie les qualités organoleptiques du cépage greffé. Toujours est il que ce vin est très démonstratif, un petit peu trop pour nous en dégustation pure, mais il accompagnera bien les fromages, à l'exception des chèvres. De plus, il apparait très jeune pour un vin de 12 ans, et ne délivre aucune trace d'évolution.

L'Ambroisie : fromages

Hormis un petit chèvre sans intérêt dans l'assiette de mon voisin et l'inévitable Boulette d'Avesnes qui est au fromage ce que le fast food est à la gastronomie, tous les fromages bénéficient d'un affinage parfait.

Devenus les seuls clients de la salle, nous sortons les cigares, pendant que ce sont les serveurs qui tirent ce foutu 4 de trèfle.

Un dessert nous est très fortement suggéré : la tarte fine sablée au chocolat, glace à la vanille. Accompagnée d'un Malt speyside 21 ans de la distillerie Port Dhubh.

L'Ambroisie : tarte fine sablée au chocolat, glace à la vanille

Bernard Pacaud utilise pas moins de 6 gousses de vanille Bourbon par litre de glace. J'ai quelques difficultés avec le chocolat dès lors qu'il ne croque pas, et j'ai demandé un autre dessert. Mais la mine réjouie de mes amis m'informe sur la qualité de ce dessert. En revanche, nous avons dans l'ensemble trouvé le whisky un peu alcooleux, ce qui ne l'empêche pas de former un accord original et pertinent avec le dessert.

Pour ma part, j'aurais la dernière part d'un dessert hors carte : un fraisier, arrosé d'une Tequilla pure agave. Une merveille inattendue et inconnue pour moi.

L'Ambroisie : fraisier.

Sous la corne d'abondance en pâte d'amande se dissimule un fraisier réalisé dans la plus pure tradition pâtissière de ce dessert merveilleux quand il est bien fait. Quasiment pas sucré, ce dessert a un air certain de "revenez-y". La Tequilla perd tout son alcool face à ce dessert, pour ne conserver que le meilleur d'elle-même, son fruit. Un grand accord original.

Pour accompagner nos cigares, nous terminons avec des cafés et un rhum vénézuelien : Santa Teresa Ron Antiguo de Solero, certainement le meilleur rhum que j'ai eu à goûter.

Avec quatre à cinq bouteilles de Chateldon, l'addition s'élèvera à 3019 €. Nous n'aurons même pas à faire de fastidieuse division, puisque nous aurons la surprise qu'elle soit prise en charge par l'un d'entre nous. Quel cadeau !

Conclusion :

Soyons clairs, l'Ambroisie entre dans mon tiercé des meilleures tables visitées. Cette soirée restera longtemps gravée dans ma mémoire. Si le décor est bourgeoisissime - mais pas chargé -, il est éclipsé par la belle vaisselle uniformément classique, la superbe argenterie, et surtout un personnel extraordinaire. Très rigide à notre arrivée, ce qui est normal dans ce genre d'établissement, il s'est peu à peu déridé, assoupli, et a d'abord communiqué sur le registre de la gastronomie, puis a carrément ri à nos facéties, et même participé aux tours de magie. Le directeur de salle est un des plus professionnels, un des plus sympatiques, et un des plus drôles que je connaisse à ce stade de renommée du restaurant.

La carte des vins mérite une mention particulière, non pour son contenu très convenu, avec de très rares découvertes, mais pour ses prix pas supérieurs à ceux du premier restaurant parisien venu.

Je tiens aussi à dire que je m'inscris en faux face aux commentaires du GaultMillau qui emploient un ton plus condescendant encore que la pédanterie imaginaire qu'ils fustigent.

Quant à Bernard Pacaud, loin de la créativité débridée d'un Veyrat ou de la troisième dimension d'un Gagnaire, il réalise la perfection du classicisme, et à ce niveau c'est aussi passionnant. Je comprends mieux pourquoi il est régulièrement cité par les chefs qui répondent à mes 6 questions rituelles comme le meilleur chef français en activité. A ce propos, permettez moi un clin d'oeil à Bernard Rambaud du Pressoir à Saint Avé qui m'avait, il y a longtemps déjà, conseillé de venir dans cette très belle maison.

Au nom des 6 convives - un peu turbulents - merci à Bernard Pacaud et son équipe pour cette exceptionnelle soirée.

L'Ambroisie

9 Place des Vosges

75004 Paris

Tél : 01 42 78 51 45

Michelin 2005 : 4 fourchettes + 3 macarons

GaultMillau 2005 : 19/20

Guide Hubert 2005 : Pas cité


Voir aussi

Recette : le gaspacho andalou selon Bernard Pacaud


Vos commentaires


18 07 2005 - 11:30 par Laurent

Enfin le compte rendu de ce qui semble avoir été un repas d'antologie... Je vois que le repas sembel totu à fait en accord avec ce que le reportage sur ARTE a montré : un chef empreint d'une grande émotion.

J'en salive rien qu'à te lire !

18 07 2005 - 11:47 par Stephane

Pour les cigares, je me souviens uniquement des trois suivants:
- Patrick: Ramon Allones Gigantes
- Mike: Montecristo "C" EL 2003
- Stephane: Montecristo Robusto EL 2000

18 07 2005 - 13:58 par Requia

Ha l'Ambroisie ... Depuis ce reportage sur Arte, j'en reve.
Merci pour ce superbe compte-rendu, qui met l'eau a la bouche et donne vraiment encore plus envie d'y aller.

18 07 2005 - 19:53 par mercotte

extraordinaire, superbe reportage, quels vins quels mets,
quelle soirée mémorable !....et la voiture en double file ....ne me dites pas qu'il n'y en que 5 qui ont bu...j'hallucine !

19 07 2005 - 10:03 par vidal

salut patrick,
trés satisfait du reportage sur bernard , c'est un cuisinier modeste et plein de rigueur sur les produits ,un chef d'une grande valeur qui n'est pas trop méditique et sérieux;
je pense d'ici quelque temps envoer mon fils aurélien qui fait son bac pro dans la lozère à st chely.
bravo encore pour ce beau reportage sur ce genre de sorti tu peut m'appeler je suis partant!!!
as tu des nouvelles de henri gagneux?
bisous à plus
JEAN PIERRE VIDAL

19 07 2005 - 20:12 par Fred

Patrick,
J'ai quittée déçue ce restaurant il ya déjà 2 ans. Malgré notre enthousiasme priliminaire nous avons été "ennuyés" par la cuisine bourgeoise et par l'accueil guindé que nous avons rencontré ce jour là. Peut-être que la saison y est pour beaucoup (nous y somms allés en hiver, saison plus classique s'il en est). Nous avons aussi joué de malchance, la table derrière nous était composée d'amis de la patronne. Le service s'est concentré sur cette table et nous avons été oublié toute la soirée avec en plus le désagrément du bruit et des nombreux passages.
Ta critique me redonne envie d'y retourner et de changer cet avis négitif et amer. Merci pour cet enthousiasme !
A bientôt,
Frédérique.

19 07 2005 - 22:36 par Bernard Rambaud

Je suis ravi que mes conseils est contribué à cette soirée exceptionnelle.......
Je reve de revoir l'Ambroisie cet hiver!......
etje confirme en plus de la qualité de la table,Pierre est un directeur de salle remarquable.
Soit dit en passant le Montécristo Robusto El 2000 m'a enthousiasmé.

19 07 2005 - 22:59 par Laurent

A défaut d'avoir déjà pu visiter l'Ambroisie... je me souviens avec une certaine émotion du Restaurant le Pressoir que Patrick m'avait recommandé.

Pour mieux s'en souvenir, un petit RyJ EL 2003

20 07 2005 - 01:45 par patrick

Quelques réponses groupées :

Requia, Fred : si vous pouvez aller à l'Ambroisie, n'hésitez pas plus longtemps, réservez.

Mercotte : vu mon gabarit, il me faut plus d'une malheureuse bouteille de vin (7 bouteilles à 6) et 2 petits verres d'alcool pour dépasser le grammage légal. C'est injuste, mais c'est aussi le seul avantage d'être gros.

Jean-Pierre : promis, la prochaine fois, je penserai à toi. Pas de nouvelles d'Henri, je l'appelle et te tiens au courant en privé.

Fred : l'un des 6 convives avait presque le même sentiment que toi et est venu pour effacer cette mauvaise impression. Il est ressorti enchanté, et prêt à revenir.

Bernard : j'ai hésité à vous appeler, mais j'ai pensé qu'un mardi soir de juillet vous aviez "école". Pour le peu que j'en ai fumé, j'ai également beaucoup apprécié le MC EL 2000.

Laurent : tu t'étais présenté à Bernard ou à sa charmante compagne, au moins ?

27 01 2006 - 19:02 par Dorothée

Un matin, j'ai franchi la porte de"L'Ambroisie".Il etait 11H,j'ai demandé à voir la salle, j'ai été reçue très chaleureusement ;on m'a fait visiter les lieux.Du coup,j'ai demandé à voir le Chef.On peut toujours rêver...Il n'etait pas là .
L'Ambroisie est un voyage dont je rêve .
J'ai egalement vu le reportage sur Bernard Pacaud et en vous lisant j'en pleurais.
j'irai un jour diner chez lui, je sais que ce sera un grand moment et que j'en pleurerai de bonheur.

15 04 2006 - 11:56 par benoit

Pense a prendre quelques dollards sur toi..C'est pas donné cette affaire.

15 04 2006 - 13:33 par LANDRE

salut a toi
je suis amateur de bonne chair
et je viens de voir le reportage sur l'ambroisie hier soir.
ca a vraiment l'air extraordinaire
mais vu votre repas pas un seul vin de bordeaux
gout personnel????
etes vous amateur de whisky??

15 04 2006 - 20:07 par DUBOIS ALAIN

Superbe émission où la créativité nous fait déguster par l'image l'envie de venir découvrir l'extase culinaire associée à la culture, au savoir vivre, au plaisir de la vie. Bravo et à bientôt la joie de vous apprécier.

23 05 2006 - 12:27 par hemmerdinger

pourrais savoir le nom du sommelier, qui je crois est aussi le maitre de salle??
merci

10 11 2006 - 11:14 par salwa

Patrick , tu as une maniere extraordinaire de raconter , qui fait voyager ton lecteur , je te lis et je m'imagine à table devant ces plats d'exceptions.
merci pour ce voyage gourmand.

10 11 2006 - 12:38 par Patrick CdM

C'est un de mes meilleurs souvenirs, l'Ambroisie, zéro faute... Fumeur de cigare également, je me demande comment on va finir les repas avec la nouvelleloi. Autant, on peut aller fumer une cigarette sur le trottoir, autant avec un double-co, on risque le rhume...

10 11 2006 - 22:36 par lilizen

Tu as en effet l'art de raconter. Joli texte rhytmé par ta gourmandise et ces tours de passe-passe qui imposent le ton humoristique. Ce qui est magique également, c'est la façon dont nous pouvons ressentir la saveur de ces mets grâce à tes descriptions précises. Que ne donnerai-je pas pour pouvoir goûté à ces "escalopines de bar à l'émincé d'artichaut, caviar osciètre gold", fraîchement pêché en plus !...cela a l'air dément. Pour le vin, j'ai eu la chance de boire le Savennières "Coulée de Serrant" de Joly, c'était un grand moment, même si je n'ai rien mangé avec.
J'aime les Pouilly Fuissé, Vinzelles et Loché, ils comptent parmi mes vins préférés, mais je n'ai jamais bu celui-ci.
N'ayant pas la tv (un choix), c'est chouette de pouvoir découvrir Bernard Pacaud à travers toi. Merci pour cette lecture.

11 11 2006 - 18:20 par jean claude ruet

Salut Patrick,

J'ai lu les commentaires avant l'article et ça m'a donné envie. Après lecture de l'article, j'ai furieusement envie !!!! Bien sûr c'est cher, mais c'est Paris et que du bon. Bravo à l'équipe de salle et surtout au prescripteur (acheteur ?) de ces vins et spiritueux affriolants. Comment, pas de sommelier ? J'y cours, j'y vole. A bientôt à Paris ou ailleurs !
P.S. Qu'avez vous fumé ce jour ?

15 11 2006 - 14:13 par Estèbe

Mazette, quel compte-rendu! Moi qui était resté coincé sur l'idée d'un Pacaud 100% végétal. Beaux vins aussi, en particulier les deux blancs, qui figurent dans mon top 10.
Mais, mais, mais... la boulette d'Avesne, le plus puissant cône aux tons pop du cosmos, pourquoi tant de colère?

13 03 2007 - 17:19 par Gael

Désolé de rompre avec la Pacaudlatrie générale, mais j'ai mangé il y a quelque jours à l’Ambroisie et je ne partage pas du tout vos avis.

Ce repas ne m’a pas laissé plus de souvenir que les repas de Noël de ma grand-mère, pour un prix infiniment supérieur. C’est une cuisine triste à force de classicisme. A défaut d’avoir des idées monsieur Pacaud sécurise ses plats en y mettant systématiquement tout ce qu’il peut trouver de plus cher, pensant peut être garantir ainsi une certaine qualité. Les truffes tiennent lieu d’épice, les langoustines sont énormes, la vanille surabondante…

Oui et alors ???

C’est bon certes, cela pourrait sembler normal avec de tels ingrédients et du savoir faire, mais cela ne va pas plus loin, aucune émotion, aucune innovation, rien…

Je ne parlerai pas du sommelier, il devait être en vacance. J’admire qu’on ose dans un trois étoile se targuer d’avoir « sélectionner » un Roedrer Première Tête de Cuvée, le caviste Nicolas du coin de ma rue est capable de réaliser des choix aussi originaux !

Quant à la salle c'est une horreur, vous avez peut être eu la chance d’être dans la salle d’honneur ou le salon privée (vous savez celle avec les fenêtres), pas moi. J’ai eu le droit à la salle d’entrée, dans le passage, sans fenêtre, au sol en pierre, avec une nature morte digne d’une salle d’attente de médecin. Bravo pour l’ambiance !

Pacaud ne mérite pas plus ses étoiles de Taillevent et je me réjouie à l’idée qu’il les perde un jour.

Pacaud ce n’est pas le conservatoire de la cuisine française c’est son musée Grévin

J’espère que vous publierez ce commentaire car nombreux sont ceux qui ont été déçus et il me semble nécessaire de remettre un peu les pendules à l’heure autour d’un chef qui a fait plus que son temps.

23 03 2007 - 15:30 par Julien

Je comprends les réserves et l'enthousisasme. J'ai mangé trois fois c'est Pacaud, et je trouve qu'on est partagé entre l'enthousiasme pour la perfection de la cuisine et des produits d'un côté, et quelque chose d'absolument triste dans l'endroit, la personnalité de Pacaud, et peut-être même sa cuisine de l'autre.

Je trouve le docu dispo en DVD assez juste à ce sujet, qui montre à la fois la perfection et l'infinie tristesse, cette impression que ce petit monsieur joue simplement sa vie et à chaque service, que la perfection est son salut et son seul espoir.

Je trouve injuste de dire "et alors" devant des produits de cette qualité. Même la plupart des autres trois étoiles n'ont pas des produits comme ça. Et il n'y a rien vraiment pas aucun mérite à préparer si parfaitement des poissons superbes ou une pâte feuilletée canonique.

Pour moi, les très grands souvenirs de Pacaud sont des raviolis de homard aux girolles le jour où le Concorde d'est crashé; c'est toujours difficile d'en parler tellement c'est bon et évident. la pâte fine mais onctueuse, le homard ferme et intense, les petites girolles souples et presques sucrées, la sauce, que je suppose faite d'un mélange de fumet de homard et de jus de girolle réduits, montés aux beurres.

Moi, je suis souvent frustré que les assiettes ne soient pas plus grandes, et qu'il n'y ait pas plus de petites surprises chez Pacaud.

Un autre souvenir immortel était une poelée de fruits rouges, arlettes et glace à la vanille, positivement orgasmique. J'étais en fait gêné qu'il y ait d'autres gens parce que j'avais envie de ronronner en me frottant à la nappe.

Il y avait également, encore une autre fois, cette poulette gauloise juste rotie avec un beurre d'herbe sous la peau, et des gnocchis "à la parisienne". ah la beauté d'une volaille parfaitement rotie et assaisonnée, avec les blancs brillants et onctueus, les cuisses parfumées, fermes et tendres. Et ces gnocchis! Voilà bien qui contredit tout ceux qui prétendent qu'un poulet rôti, c'est un poulet rôti.

Et puis tiens, je me souviens aussi que, comme cette poulette était un peu longue à cuire, on nous a servis des petits légumes cuits au vin blanc -- oh, trois fois rien, juste cette impression de n'avoir jamais mangé de courgettes de ma vie (et pourtant...). Et une tapenade: moi, j'aime pas ça. Mais là, si.

Bravo pour votre joli site. Je parle de d'autres restaurants sur mon blog: julotslespinceaux.blogspot.com

06 06 2007 - 21:21 par Scott Solomon

Sorry to post in English . . . my French is terrible. I just wanted to say that the Escalopines de bar à l'émincé d'artichaut, caviar osciètre gold was the best thing I have ever eaten in any restaurant anywhere. Period.

I created a group on facebook.com called the Restaurant L'Ambroisie Bernard Pacaud Appreciation Society. I am happy to invite anyone who emails me to join.

06 06 2007 - 21:22 par Scott Solomon

Email address: ss341@columbia.edu

20 03 2008 - 14:05 par jean louis bouffare

juste un petit bonjour a BERNARD en souvenir de mon apprentissage au club ALBARAN

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