02.12.2006 - bon-bon-bruxelles-repas Bon Bon, Bruxelles, Belgique, dîner du samedi 25 novembre 2006 Depuis une bonne année, mes amis bruxellois ont une nouvelle cantine, le restaurant Bon Bon, dont ils disent le plus grand bien à chaque visite. Il était donc indispensable que nous y allions. Ce que nous avons fait cette fin novembre.

Dîner du samedi 25 novembre 2006
Nous sommes 14 à table, le repas a donc été laissé à la libre interprétation du chef. Nous ne choisirons donc que les vins, un peu à l'aveuglette puisque nous ignorons tout des plats les accompagnant. Heureusement, le sommelier nous aidera. En revanche, les discussions étant animées, je n'ai pas pris de notes précises sur les accords mets et vins.
5 mises en bouche accompagnent un verre de Côtes de Duras Château Molhière 2005. Ce sauvignon - que je ne connaissais pas - est excellent, vif, pur et droit.
Pour les mises en bouche, de droite à gauche :
- Croque-monsieur au Vin Jaune, très bon, d'une belle vivacité et puissant en goût.
- Glace à la tartufate de cèpes, tout bonnement exceptionnelle ! Le goût du cèpe est exacerbé, d'une pureté incroyable. On en redemande, et d'ailleurs le chef nous en redonne.
- Potage au chou, bon, mais sans surprise.
- Cromesqui à la volaille, sur lequel j'ai un avis mitigé. La farce est goûteuse, bien équilibré. En revanche, la pâte du cromesqui est légèrement (très légèrement) trop épaisse et molle. Il manque le croquant qui magnifie l'explosion du cromesqui.
- Crème brulée au foie gras, gelée au Porto rouge, grué de cacao amer. On revient à la qualité des 2 premières mises en bouche, c'est très goûteux, original grâce au cacao amer qui apporte aussi du croquant.

un autre angle de vue
Le sommelier conseille ensuite un Coteau Varois blanc Château de Miraval 2004. Relativement vif pour un vin du Sud, il a le mérite de la franchise de goût.
Thon rouge en carpaccio, vinaigrette de petits légumes, écume de stracciatella, tempura de cebette.
La stracciatella est une mozzarella di bufone réalisée avec le meilleur du lait, et donc le meilleur du meilleur de la mozzarella. La pâtisserie éponyme doit donc contenir cet ingrédient, qui a totalement disparu de toutes les recettes qu'on trouve sur Internet. Toujours est-il que ce plat est frais et équilibré.
Coquille saint-jacques en trilogie
- en carpaccio à l'huile d'olive, crème d'artichaut. La juxtaposition saint-jacques / artichaut commence à être classique et fonctionne toujours aussi bien.
- grillée en brochette de romarin, mousseline de pommes de terre à la citronnelle australienne. On monte d'un cran, la cuisson est parfaite, la citronnelle apporte un soupçon d'acidité, l'équilibre final est intéressant.
- rôtie et bardée au culatello di colonato sur une brunoise de poivrons et autres légumes. Après l'amertume et l'acidité des deux premières bouchées, c'est ici le suave qui domine. La complexité des goûts est remarquable, la puissance du lard contenu. Si je notais, ce serait un 18/20.
Je choisis le vin suivant, Bourgogne Hautes Côtes de Nuits blanc Jayer Gilles 2002. Ce vin fait l'unanimité, alliant beaucoup de gras, un beau boisé fondu, une vivacité de bon aloi et une belle persistance.

Croque en bouche de langoustine du Guilvinec, copeaux de pata negra, lamelles de champignon et zestes d'orange. La langoustine est recouverte d'une fine tranche de pain. L'harmonie des textures est parfaite. Un très léger manque de nervosité à mon humble avis.

Raviole d'oignon doux des Cévennes aux cacahuettes sur un consommé de queue de boeuf. Ce plat est une très belle réussite. La raviole est extrèmement fine et restitue parfaitement le goût de l'oignon doux. Le consommé de queue de boeuf est un modèle du genre, peut être le meilleur de ma vie de gourmet. C'est puissant, vif, d'un équilibre très terre à terre. Un must ! "Et la mousse qu'on voit sur la photo ?" Me direz-vous. A quoi je répondrai "quelle mousse ?" Franchement, elle est totalement inutile.

Petit filet de sole du Guilvinec, en rémoulade de céleri et tuber melanosporum. Céleri / truffe = merveille. L'accord est connu, dans cette assiette il est parfait. La sole est superbe en tant que matière première, un poil trop cuite.
Je choisis le vin suivant, que je veux absolument goûter : Saumur Champigny "Les Poyeux" Domaine Clos Rougeard 2002. Disons-le de suite, ce vin ne fait pas l'unanimité de la table. Pour ma part, je trouve que les frères Foucault ont encore fait un travail remarquable. A l'aveugle, impossible de trouver le cabernet franc. Les tanins sont fondus, le vin est profond et très persistant.
Paupiette d'aile de raie en feuille de chou, matelote de vin rouge aux échalotes. Ce plat est sur un tout autre registre que tous les autres. Je le ressens plus comme un travail du chef sur l'acidité. On va dire qu'au plaisir immédiat des autres préparations, celle-ci est plus intellectuelle, cérébrale. Le crecendo d'acidité est très intéressant. On est sur les notes qu'affectionnent tant Michel Portos ou Michel Troisgros. Sans pouvoir expliquer pourquoi, j'éprouve une petite frustration, mais ne boudons pas notre plaisir, car c'est un très beau travail.
Le sommelier pense que le Saumur Champigny n'est pas assez puissant pour le plat suivant et conseille un Châteauneuf du Pape "Les Quartz" Domaine du Caillou 2004. Excellent à la dégustation, les jeunes tanins de ce vin s'assècheront au contact de la sauce. Dommage !
Râble de lièvre et légumes sauce poivrade. très classique et très bon.
Pour les fromages, je reviens à du vin blanc, en l'occurence Château Richeaume blanc de blancs 2004.
- vieux Comté,
- bleu d'Auvergne,
- Brillat Savarin aux truffes.
Les desserts seront consommés sans vin, nous saturons un peu.
Cappuccino de cèpes au café, glace caramel et cristaline de cèpe. Un dessert à la fois original et très réussi. Surtout un très bel équilibre.
Raviole d'ananas du Bénin, crème citron et écume de noix de coco. Dernier dessert très frais et agréable, qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.

Puis nous nous adonnons à notre passion commune.
Restaurant Bon Bon - Salon de l'Artisan Cuisinier
Rue des Carmélites, 93
1180 Bruxelles (Uccle)
Tél : +32 23 46 66 15
Fax : +32 27 20 48 46
http://www.bon-bon.be
Fermeture hebdomadaire : samedi midi, dimanche et lundi
Propriétaire : Christophe Hardiquest
Chef : Christophe Hardiquest
Directeur de salle :
Sommelier :
Michelin 2007 : 1 macaron
GaultMillau 2007 : 17/20
Hubert : hors du champ d'application
Christophe Hardiquest, chef de cuisine
Restaurant Bon-Bon à Bruxelles : déjeuner du 13 octobre 2005
Vos commentaires
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02 12 2006 - 12:25 par Laurent
C'était un très beau repas...la saint jacques au culatello était divine.
O 02 12 2006 - 15:17 par chantal33
Ton reportage me donne envie de repartir à Bruxelles tester cette adresse... 02 12 2006 - 18:22 par mercotte
et bien dis donc, quel repas, j'en salive.....bon bon, c'est sûr! 06 12 2006 - 22:20 par yves
culatello di colonata: qu'esse aco?. je connais le culatello di Zibello produit dans la région de Parme et le lardo di colonnata produit à Carrare(deux produits souvent somptueux) mais la contraction des deux ça doit être nouveau!!! 07 12 2006 - 19:23 par jules
gourmet cest un amateur de vins, gourmand c'est pour la nourriture! 08 12 2006 - 22:56 par yves
c'est vrai que la dernière photo fait froid dans le dos!.
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