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Le Shamwari au Jivahill Park Hôtel, Crozet, Ain, Rhône-Alpes, dîner du vendredi 28 mars 2008

Ce dîner au Jivahill Park Hôtel est un repas de presse, c'est à dire une grande tablée avec un menu imposé et des convives qu'on ne connaissait pas 5 minutes avant. Ce n'est évidemment pas la situation optimale pour apprécier la cuisine d'autant qu'on peut être distrait par des conversations intéressantes, et être troublé par des jugements péremptoires d'autres hôtes.

Nous sommes donc 12 à table dans un décor moderne et luxueux, avec un bar central rétroéclairé et une vue somptueuse sur le Mont Blanc que nous découvrirons le lendemain au petit déjeuner. Notons au passage que ce petit déjeuner est quasiment parfait, avec un choix pléthorique et un café machine plutôt agréable. L'éclairage est très agréable pour dîner, beaucoup moins adapté à la prise de photographies, et c'est bien comme ça.

Pour la mise en bouche et la première entrée on nous propose un Côtes de Gascogne "Premières Grives" Tariquet 2006 qui garde un peu de sucre résiduel. Ce vin, que je connais très bien, est agréable mais extrèmement court : PAI=3. C'est pour moi un vin de copains, pas un vin de restauration gastronomique.

Crème royale de saumon et mousse noix de coco, mise en bouche agréable et savoureuse, bien réalisée qui domine légèrement le vin dans un accord acceptable.

Duo de foie gras de canard : marbré au magret de canard et poché au cassis. Rien de très original pour cette belle réalisation, voire même très réussie en ce qui concerne le foie poché au cassis. Le vin est totalement inexistant et pas adapté du tout au plat.

Pour suivre on nous propose Le Blanc 2006 de Nicolas Zufferey. Assemblage original de sylvaner, riesling et savagnin produit à Sierre dans le Valais, ce vin est vif et agréable, peu complexe et assez court. PAI=5.

Langoustines piquées à la citronnelle, les premières asperges vertes du midi, marmelade de citron, blinis et vinaigrette d'agrumes. J'ai beaucoup aimé ce plat qui combine une très belle cuisson des langoustines à des saveurs acidulées. Belle harmonie de textures et de saveurs. La vivacité du vin se heurte aux agrumes, ce qui pourrait constituer un bel accord en opposition si le vin était plus opulent. En l'occurence, la confrontation tourne court en faveur du plat.

Paillasson de saint-jacques caramélisé, rutabaga, céleri et beurre de laitue complexe. Même après m'être entretenu avec Sullivan Breton, le chef, je n'ai pas compris ce qu'il a voulu faire avec ce plat. Sur le plan des saveurs, c'est le meilleur plat du repas, avec un beurre de laitue parfait, légèrement acide, des légumes acidulés et des saint-jacques goûteuses. Mais pourquoi avoir réduit les saint-jacques en brunoise pour les reconstituer en une grosse galette, alors que leur mâche si particulière lorsqu'elles sont très peu cuites participe pour la moitié du plaisir. Avoir sacrifié la texture sur l'autel de la présentation est vraiment dommage. Le vin est dans les choux.

Pour la viande et les fromages, un Rasteau Prestige La Soumade 2004. Ce n'est pas un grand vin, ni un vin surprenant, mais il est franc et loyal, et franchement plus consistant que les précédents. PAI=7.

Papillote de selle d'agneau aux cocos de Paimpol, shiitakés et jus à l'ail des ours. Le plat est servi dans un papier spécial, un peu à la manière du filet de blonde d'Aquitaine aux sarments de Thierry Marx. Sauf que l'assiette est posée telle quelle devant vous, et que vous devez vous-même assurer le "dépiautage". Pourquoi pas, mais là où le bât blesse c'est que le personnel de salle ne songera jamais à enlever ce vieux préservatif de l'assiette.

L'agneau est délicieux et bien cuit, les cocos délicieux, le jus savoureux, et nos mains grasses... Bref, très beau plat qu'il faudrait servir autrement. L'accord avec le vin est intéressant, ce dernier améliorant la persistance du plat.

Tomme du Jura très agréable ;

Brie à l'ail des ours, désiquilibré au détriment du fromage, avec des saveurs antinomiques et une quasi impossibilité à trouver un vin adéquat ;

Bleu de Gex bien affiné.

Délicatesse et capuccino de fraises, glace pomelos et tuile orange/citron/prâline. Dessert peu sucré et harmonieux que j'ai beaucoup aimé.

Le café expresso est franchement mauvais, le café machine du petit déjeuner parvient à être meilleur.

Mon humble avis

Nous sommes dans un établissement de luxe aux chambres onéreuses. On peut donc en déduire que les clients ne sont pas à quelques euros près pour se restaurer. Et clairement le restaurant n'est pas à la hauteur. Je dis bien le restaurant, et non le chef. Le repas était agréable, certains plats franchement bons et Sullivan Breton me semble capable de progresser encore franchement. En revanche les erreurs de service ont été légion et il manque clairement un maître d'hôtel de haute volée qui ait "l'oeil". Il faudrait aussi un vrai sommelier capable de dénicher des vins intéressants au même prix que ceux qui nous ont été servis, ce n'est pas ce qui manque. J'ai fait part de toutes ces remarques à Sullivan Breton et nous repasserons en juillet voir si les choses ont changé. Ce serait bien.

Voir une autre vision de ce même repas chez Caroline

Message de prévention :

fumer, boire de l'alcool, manger bon tuent à coup sûr un jour ou l'autre ! S'en priver aussi !

 

Le Shamwari

Jivahill Park Hôtel

Route d'Harée

01170 Crozet
Tél : 04 50 28 48 48
Fax : 04 50 28 48 49
www.jivahill.com

Chef : Sullivan Breton

Michelin 2008 : Cité sans distinction (R rouge)

GaultMillau 2008 : ignoré

Hubert 2007 : ignoré


Voir aussi

Jivahill Park Hôtel, établissement de luxe et de goût

Sullivan Breton, chef de cuisine




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07 05 2008 - 18:06 par VERQUIN

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