Présentation
Cette chronique paraît pour l’anniversaire de l’ouverture
par Manuel Viron et Laurence Drevon le 15 octobre 2002. Nous les avons
connus précédemment au «Côte Rôtie» à Ampuis
que Ségolène et moi fréquentions assidûment.
Pour la petite histoire, Manuel est toujours propriétaire du «Bistrot à Vins
de Serine» (établissement adjacent au Côte Rôtie
provisoirement fermé) confié à sa sœur. Il
y a quelques années, ce diable de chef avait aussi créé «Le
Cirque», restaurant-concept ébouriffant que vient d’acquérir
Nicolas Le Bec.
Disons-le tout de suite : Manu et Laurence sont des amis et je prétends
que Manu est un des chefs les plus brillants de France.
Environnement
L’hôtel particulier en bordure du Rhône, face à la
halle Tony Garnier où se tiennent tous les rassemblements
importants de la vie lyonnaise, était au début du siècle
la maison mère des bateaux mouches parisiens. Manu possède
d’ores et déjà le rez-de- chaussée et
le premier étage, non encore aménagé, mais appelé à devenir
une galerie d’art pour séminaires. Un parking, gardé,
permet de se garer en toute sérénité devant
la façade classique.
Décor
Difficile d’être exhaustif, tant le décor a été soigné et
regorge d’éléments signifiants. Manu et Laurence
ont choisi comme maître d’œuvre Pierre Gangloff,
artiste peintre. Il a lui-même confié la réalisation
de ses projets à un groupe de décorateurs déjantés
: les «Pachydermes» spécialisés dans la
récupération. Je vais essayer une visite guidée
des lieux.
L’entrée, sobre, dont le mur de gauche est percé de
niches contenant chacune une lettre de Maison Borie sculptées
dans la pierre ou le bois, est décoré d’un superbe
fauteuil africain. L’immense porte de bois s’ouvre toute
seule sur une antichambre tendue d’un théâtral
rideau de velours rouge, cette antichambre sert de «deck de
réception» et de vestiaire.
Le bar : fauteuils et canapés de cuir brun, tables basses,
meuble de bar acajou éclairé par en bas, et surtout
deux lustres monumentaux, version revisitée d’Art Déco,
sortis de l’imagination des «Pachydermes», offre
une halte dépaysante avant de passer en salle. Ou de sortir
de salle, car le soir, vous pouvez assister à des projections
de films de Charlot sur les murs.
On longe un mur de papier kraft déchiré et peint pour
pénétrer dans la salle de restaurant avec son plafond
constellé de ceps de vigne, ses cascades de verres comme des
lustres, ses tables nappées de blanc et ses chaises marron
bigrement confortables. Sur la gauche, un petit bar servant au personnel
pour leur logistique et la cave de jour, vitrée et climatisée,
au centre duquel trône l’ascenseur à bouteilles
descendant à la cave de stockage.
Tout le long du restaurant et du bar, accessible par les deux pièces
court une véranda qui est en fait une grande salle de restaurant.
Plus loin l’exceptionnelle terrasse dont la rafraîchissante
fontaine centrale et le mobilier de teck sont si agréables
les soirs d’été.
Carte des mets/menus.
Deux cartes fondamentalement différentes :
- l’une intitulée «le Déjeuner» avec
un menu carte à 28 € (entrée, plat, dessert).
- l’autre
nommée «le Menu» servie le soir
avec trois formules : 48 € proposant :entrée, plat
et dessert ; 58 € : entrée , poisson, viande et dessert
et 68 € pour laisser le chef concocter 5 services surprise.
A noter que tous les plats sont accessibles à la carte
: 22 € les
entrées, 30 € les poissons et les viandes et 13 € les
desserts.
Carte des vins
Absolument inouïe pour un restaurant n’existant que depuis
un an, d’autant plus qu’elle n’est pas complète,
Manuel rapatriant petit à petit sa majestueuse cave du «Côte
Rôtie». Déjà plus de mille références
avec tous les bons propriétaires de France et l’intégralité ou
presque de ce qui se produit de très grand en Côte du
Rhône. Manquent les raretés et vieux millésimes
qui doubleront le nombre de références lorsqu’ils
reviendront d’Ampuis. Pour gérer cette caverne d’Ali
Baba, deux sommeliers et non pas un sommelier et un commis : Joël
Servy et Jérôme Lamy. Toilettes
Impossible de passer sous silence ce lieu au bas d’un majestueux
escalier. A droite les toilettes pour hommes avec comme urinoir un
mur d’eau ruisselante rétro-éclairé. A
gauche une salle à manger africaine, en face de laquelle se
trouve une pièce entièrement cernée de vitrines
contenant de la vaisselle, des bouteilles et des épices ;
et au fond les toilettes pour femmes avec deux vasques en verre,
des chaises et des toilettes immenses avec repose-sac à main,
porte-manteaux, tout ce qui est nécessaire au confort.
Cigares
Boîte en loupe d’orme sur le bar avec peu de références,
mais des vitoles remarquablement choisies et conservées idéalement
: Partagas D4 maduro à souhait et Ramon Allones specialy selected
exceptionnels.
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