05.04.2004
- HISTOIRE
La
cannelle
La
cannelle est la plus ancienne épice mentionnée dans
des papyrus égyptiens. Elle est aujourd'hui courante et est
utile dans une quantité incroyable de préparations.
Il ne faut jamais l'acheter en poudre.
La première mention d’une
épice dans la Bible et les papyrus égyptiens concerne la cannelle :
« J’ai parfumé ma couche de myrrhe, d’aloès et de cannelle.»
(Proverbes 7,17 ). Ou dans le Livre de l’Exode(30,32) : «
Prends des meilleurs aromates, 500 sicles de myrrhe, de celle
qui coule d’elle-même, la moitié soit 250 sicles de cannelle aromatique,
250 sicles de roseau aromatique.». Dans l’Egypte ancienne,
dès le 3 ème siècle avant J.C, la cannelle entrait dans la composition
des onguents pour l’embaumement des morts. Elle provenait de la
région du Cap des Aromates (pointe de la Somalie). Toute l’Antiquité
utilise force aromates dont fait partie la cannelle comme parfums,
remèdes, parfums à brûler, onguents. Les marchands la ramenaient
soit de la côte est de l’Afrique via Alexandrie, soit de la côte
de Malabar. Plus tard, sous l’empire romain et au Moyen-Age, cuisiniers
et apothicaires utilisent beaucoup d’épices qui sont achetées aux
marchands arabes, puis vénitiens. C’est pour ces précieuses épices,
au rapport si fabuleux, que les grandes puissances se livrèrent
des guerres féroces ; portugais, hollandais, anglais, français
s’étripèrent allègrement pour avoir et garder le monopole du commerce
des épices.
Où se trouvait la cannelle ?
De Ceylan : « La cannelle se trouve… en grande quantité
et la meilleure dans l’île de Ceylan... L’arbre porte deux écorces,
la seconde écorce est celle que nous appelons cannelle, naturellement
elle est grise, mais lorsqu’on l’a ôtée de l’arbre et qu’on l’a
séchée au soleil, elle prend cette couleur roussâtre que nous lui
voyons…. Autrefois, les chinois chargeaient la cannelle de l’île
de Ceylan et la portaient à Ormuz, d’autres marchands la recevaient
là et la portaient en Alep et en Grèce… Les marchands avaient donné
à cette écorce le nom de Cin-a-momum, car ces deux mots signifient
«bois de la Chine et qui sent bon». Voyages de M de Thévenot,
livre second : Des Indes (1689).
La cannelle est maintenant
très répandue en Inde, Malaisie, Vietnam, Indonésie, Seychelles,
Maurice, Antilles, Guyane, Brésil ….
Seule l’écorce du cannellier
est intéressante, l’arbre : Cinnamomum verum appartient à la
famille des lauriers, c’est un arbuste aux feuilles persistantes,
ovales, d’un vert brillant ; ses fleurs sont blanches et se
transforment en baies noires. Plus la cannelle est pâle meilleure
elle est, elle provient alors des jeunes pousses. C’est pourquoi
on taille régulièrement les arbres en arbustes afin qu’ils rejètent
de nouveaux jeunes rameaux. On effeuille les rameaux, et on incise
l’écorce en marquant un anneau, puis en la fendant sur la longueur,
l’écorce est détachée alors de la branche. Ces copeaux fragiles
s’enroulent sur eux-mêmes en fins bâtonnets en séchant. Ce sont
ces bâtons de cannelle que l’on utilise en cuisine, la cannelle
moulue s’éventant très rapidement.
La cannelle de Chine (Cinnamomum
obtusifolium) est aussi appelée «Casse», elle est produite par un
arbre de la même famille, on en trouve en Chine, au Laos, en Inde
et en Indonésie. L’écorce de ses fines branches s’enroule en tuyaux
plus épais, rugueux et foncés que la cannelle, elle fournit une
poudre d’un rouge brun. Moins coûteuse, au goût moins délicat, elle
entre dans le mélange chinois des cinq parfums. Les indiens en usent
comme la cannelle dans les currys, les plats de viandes et de volailles
braisées, de riz et de légumes.
On utilise la cannelle
traditionnellement pour les desserts, les tartes aux pommes, gâteaux
de semoule, crèmes, elle améliore aussi les salades de fruits et
les compotes et les confitures.
Elle s’adapte très bien
dans les ragoûts de viande ou de légumes, avec les gibiers, les
volailles, le porc et le riz. Elle est indispensable sur la Pastilla
marocaine. De manière très originale, essayez de la marier avec
le navet, le lapin et le canard.
Recette : Gigot
de 7 heures à la cannelle
Ingrédients
- 1 gigot d’agneau
- 8 échalotes
- 400 gr de pruneaux
- 100 gr de raisins secs
- 2 bâtons de cannelle
- ½ l de vin rouge
- court bouillon
- 1 bouquet garni
- 1 cuillerée à soupe de cumin en poudre
- huile d’olive
- 1 cuillerée à café de poivre noir en grains
- ½ cuillerée à café de sel ( Guérande)
- sel et poivre
Préparation
- Epluchez les échalotes.
- Faites chauffer le four à 150°.
- Faites tremper pruneaux et raisins dans le vin rouge.
- Faites chauffer l’huile d’olive dans une cocote allant au four.
- Faites dorer le gigot sur ses deux faces. Salez, poivrez, mouillez
avec le mélange vin rouge et fruits secs.
- Ajoutez cannelle, bouquet garni, le bouillon, 1,5 l d’eau, le
poivre en grains, le sel de Guérande.
- Fermez la cocotte. Et enfournez-la pour 7 heures.
- Le gigot doit sortir quasiment confit, découpez-le et servez
chaud.
- On peut l’accompagner de riz, de semoule de couscous, de petits
légumes de printemps.
Vin conseillé
Saint Joseph «Les Pierres» de Pierre Gaillard, vigneron
à Malleval.
|
 |
| 
Cannelle
|
|